Les contrôles de qualité et le travail en réseau
Les contrôles de qualité sont destinés à détecter et aider à corriger les défauts des résultats produits. Ces contrôles sont, avec les procédures d'amélioration de la qualité, les deux composants de l'assurance qualité.
Trois types de contrôles complémentaires permettent de s'assurer de la qualité des informations générées au sein des réseaux de surveillance de la résistance : contrôles de qualité interne, contrôles de qualité externe et contrôles de vraisemblance. Ils jouent un rôle important non seulement dans la qualité finale des informations générées, mais aussi dans leur implication dans les réseaux auxquels ils contribuent.
Contrôle de qualité interne (CQI)
Définie par le Guide de bonne exécution des analyses (G.B.E.A.), le CQI est `l'ensemble des procédures mises en oeuvre dans un laboratoire en vue de permettre un contrôle de la qualité des résultats des analyses au fur et à mesure de leur exécution'.
Dans ce cadre, le biologiste participant à la surveillance de la résistance s'assure que la méthodologie mise en úuvre est correcte, et que le matériel et les réactifs répondent à la réglementation en vigueur
En médecine humaine
La qualité de la méthodologie de l'antibiogramme par diffusion en milieu gélosé et par détermination des CMI est appréciée par des contrôles réguliers utilisant les quatre souches sensibles recommandées par le CA-SFM : Escherichia coli ATCC 25922, Staphylococcus aureus ATCC 25923, Enterococcus faecalis ATCC 29212 et Pseudomonas aeruginosa ATCC 27853. Un rythme d'au moins un contrôle mensuel est suggérée par la recommandation n° 3 du CA-SFM.
En médecine vétérinaire
Trois souches de référence sont fournies aux laboratoires pour CQI : S. aureus (ATCC 25923) et deux souches étalon représentatives de la pathologie bovine, S. aureus 0592 et E. coli 0132.
Contrôles de qualité externe (CQE)
Dans le cadre du contrôle de qualité national (décret n° 94-1049 du 2 décembre 1994), des contrôles de détection de la résistance acquise, en priorité aux antibiotiques les plus courants (ß-lactamines, aminosides, quinolones chez les bacilles à Gram négatif, ß-lactamines, macrolides, glycopeptides chez les cocci à Gram positif ) sont organisés par l'AFSSAPS.
Le G.B.E.A. recommande que les laboratoires participent `à des contrôles de qualité externes organisés par des Sociétés Scientifiques, des groupements de biologistes ou tout autre organisme présentant les garanties nécessaires'. Les CQE organisés par les réseaux eux-mêmes jouent un rôle important dans leur cohésion et l'attrait qu'ils représentent pour les laboratoires qui y participent. On peut distinguer deux approches pour de tels contrôles :
- CQE d'entrainement qui consiste en l'envoi de souches tests accompagnées des résultats attendus. Ils sont particulièrement adaptés pour la surveillance de caractères de résistance peu répandus ou émergents, ou pour des actions de surveillance focalisées sur des résistances parfois considérées comme bien connues mais posant des problèmes techniques (ex. : certaines entérobactéries productrices de BLSE).
- CQE à l'aveugle qui consiste en l'envoi de souches tests sans le résultat attendu, puis de restitution des résultats. Ils sont particulièrement adaptés pour la surveillance des résistances fréquentes et bien connues. L'analyse et la discussion des résultats obtenus constituent une occasion de choix de rencontre et d'échanges au sein du réseau (formation `a posteriori').
Les contrôles de vraisemblance sont essentiels pour la qualité finale des résultats générés par les réseaux, puisqu'ils ont pour but de vérifier leur cohérence. Ces contrôles ont de plus un rôle de formation pour les microbiologistes car ils mettent en évidence les pièges auxquels exposent toutes les actions de surveillance qui consistent à regrouper des résultats individuels. Autant les CQI et CQE ont pour but d'améliorer la qualité de chacun des résultats pris à titre individuel, autant les contrôles de vraisemblance ont pour but d'apprécier la qualité des résultats en tant qu'ensemble. Ils reposent sur une étude de cohérence des données recueillies par chaque laboratoire d'un réseau qui permet de juger que la méthodologie (période de l'enquête, définitions) a été appliquée. Les contrôles peuvent être mis en úuvre par chaque laboratoire, ou par le centre coordinateur du réseau, en fonction du type de contrôle.
Les contrôles de vraisemblance sont essentiellement basés sur le nombre et la distribution des souches incluses par le laboratoire durant une période donnée, comparativement aux chiffres attendus sur la base de résultats précédemment obtenus, soit dans le même laboratoire soit dans des laboratoires.
Le nombre de souches peut faire référence aux espèces bactériennes ou aux types de prélèvements dont les souches sont isolées.
La distribution des souches peut faire référence à la proportion globale des espèces bactériennes les plus fréquentes (cf. ci-dessus) et de celles qui sont plus rares (ex. : pneumocoque, S.pyogenes ) et à cette même proportion pour les types de prélèvements les plus fréquents.